Mardi 3 août 2010
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Cela fait plusieurs fois que je vous parle de blaireaux, mais, si tout le monde connait le mot, (avec son côté péjoratif, voire injurieux), peu de personnes connaissent l'animal.
Le blaireau (Meles meles) est pourtant un de nos mammifères les plus attachant à observer. Avec son allure pataude, il pourrait faire penser à un petit ours, Les
belles raies noires et blanches de sa tête en font pourtant un animal qui ne ressemble à aucun autre de notre faune.
Il est 8 heures, ce lundi soir, le temps est légèrement couvert et le vent est modéré et assez stable. Les jumelles autour du cou, l'appareil photo, le flash, le trépied dans une
main, le siège dans l'autre, une petite lampe dans la poche, je m'arrête au pied d'une cépée de charmes, à environ une dixaine de mètres des
premières gueules du terrier
Je m'installe confortablement, car, après, il ne sera plus question de bouger, alors autant être bien !
Quelques réglages, une photo du terrier pour vérifier le flash et c'est l'attente. L'attente, loin d'être pénible, est un moment très
agréable. Je vais citer Robert Hainard qui décrit admirablement cela : "Confondu dans la nature, on laisse son âme se répandre dans le bois, en une détente des
sens pleine de vigilance, en attendant que la forêt s'incarne en un être velu, soufflant et circonspect."
Et le voila, cet être velu, qui pointe son museau :
Il est sorti sans aucun bruit, vers 9 heures et demie, il regarde de tous les côtés, renifle en levant le museau, et reste ainsi de longues
minutes, ignorant complètement les éclairs de mon flash, puis doucement il se met en marche en s'éloignant dans le bois.
Un peu déçu qu'il parte déjà, car souvent il reste sur le terrier à moitié affalé sur le dos, à se gratter le ventre de ses pattes griffues, et j'adore le voir faire cela !
Si je ne le suivais pas dans les jumelles, je ne pourrais pas savoir ce qu'il fait, tant sa marche est discrète : "en pantoufles de feutre" dit Hainard.
Quelques minutes plus tard il revient, rentre au terrier puis ressort.
Il disparait de nouveau, mais, rapidement, je le vois revenir à reculon. Il fait là une de ses activités habituelles : il ramène des feuilles mortes pour parfaire sa litière. Il en a
fait une sorte de boule qu'il tire en s'aidant de ses pattes et de sa tête.
Il va faire ainsi un deuxième voyage.
Quelques minutes plus tard, il ressort encore, puis disparait dans le noir, trop loin pour que je puisse le suivre dans les jumelles.
J'ai attendu encore un bon moment, espérant qu'il revienne ou qu'un autre se montre... Mais rien ... alors je suis reparti, moi aussi dans le noir, mais la tête toute illuminée...
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